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Ic ou ldbey ou rlover | Marseille | galerie Dukan&Hourdequin
mars – avril 2006

« Ce que j’ai appelé le réel des flux. On est passé historiquement et très vite et très brutalement d’une culture des objets, qui est la culture moderniste, à la culture des flux qui est la culture d’aujourd’hui, et quelle qu’en soit la forme, il me semble que Hervé IC explore la forme des flux sur la lumière, sur les paysages, sur les fleurs, ou sur les visages. »
« On pourrait donc parler là, d’un néo-baroque en quelque sorte contemporain et un peu technologique.
Il y a dans le baroque, à la fois le mouvement et l’artifice, la pose et le corps, c’est-à-dire que le baroque est pris entre deux regards, un tout voir, un ne pas voir et ce double regard, cette manière de montrer en cachant, en montrant des voiles, en recouvrant la toile de lumière, est une réinvention contemporaine du baroque.
Donc, il y a tout un itinéraire, je dirais qui va du baroque plutôt citationnel au baroque réinventé.
Le baroque invente la lumière, le clair-obscur, retrouve un clair-obscur qui avait été perdu pendant des siècles au profit d’une peinture beaucoup plus frontale. Et donc dans ses tableaux de lumière, ces lumières sont des lumières artificielles. On ne sait pas réellement si c’est une toile qui renvoie au monde ou qui capte le monde, disons dans un langage antérieur, figuratif, ou une toile abstraite. Et c’est cette ambiguïté que j’aime dans son travail. »

Christine Buci-Glucksmann, extrait de Figures&Co. chapitre 11, 2006