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Les panneaux de verre d’Hervé Ic

par Soko Phay-Vakalis
automne 2000, magasine CIRCA

Procédant par séries, Hervé Ic s’approprie tous les sujets et revisite tous les genres : les portraits, les paysages, la mer, les ciels, les cimetières, les oiseaux, les fleurs et plus récemment la statuaire chrétienne sont au nombre de ses préoccupations. Parmi les peintures et les sculptures exposées à la galerie Jean Renoir, La légende de la croix fait figure d’œuvre majeure, voire charnière dans son travail. Le cimetière, loin d’être perçu comme lieu de mort ou de relégation, est traité ici avec toute l’intensité des couleurs vives et criantes, appliquées sur la toile en touches lisses et transparentes qui n’ont pas pour ambition de détériorer la réalité. Sous un ciel rose, un ange au doux sourire lève son bras vers le ciel comme une invitation pressente au paradis, incitant à la promenade, au recueillement.
A l’encontre d’une image frontale et sans affect, la peinture d’Hervé Ic ne craint pas d’explorer un monde onirique et poétique, en évitant toutefois les travers du mauvais goût ou la tentation décorative. Rien ne semble laissé au hasard, tout est pensé, pesé avec une exigence affirmée. Délibérément hétérogène et discontinue, cette démarche procède néanmoins d’une méthode d' »organisation composite ». Les panneaux de verre ont pour origine les scènes de plage réalisées en 1994-96. Cette série de grandes toiles témoignaient déjà d’un intérêt pour une organisation de l’espace, inspirée des peintures d’Eric Fischl. Les œuvres d’Hervé Ic fonctionnent par accumulation de petits tableaux, de petites scènes indépendantes comme les fenêtres de l’écran d’un ordinateur. Ce principe de recomposition, qui peut varier à l’infini, n’est pas sans rappeler le travail de Sol LeWitt ou de Nam June Paik que l’artiste cite volontiers au titre de ses références. La tension est répartie sur toute la surface des panneaux, évitant ainsi les dualités fond-forme, intérieur-extérieur.