bateaux


KHÜN, oil on canvas, 170×210 cm, 2001.

Que la transparence n’ait cessé de hanter la peinture, de l’esthétique baroque à Picabia ou Polke, tel est sans doute le point de départ et la fascination initiale de tout le travail d’Hervé Ic. Car s’il est une transparence qui vide son espace par une lumière enveloppante, un lissé et un flou où le tableau devient miroir, il en est une autre qui le remplit par une série de couches, de strates, de voiles et d’images en surimpression, qui se mélangent au point de faire du tableau un écran translucide et diaphane. Voir c’est entrevoir, voir à travers le bougé des images et des plans multiples. C’est, dans les termes de Duchamp, passer de l’apparence à l’apparition, voire aux apparitions négatives, propres à un visuel instable et perturbé par la multiplicité des fragments, des points de vue, et des découpes réelles et virtuelles. Et c’est précisément cette traversée des transparences que nous propose Hervé Ic, à travers trois tableaux ou trois scénarios différentiels, que j’appellerais les floraisons (H.A.R.O. ou F.I.R.E.), les vanités (K.H.Ü.N.) et les poussières (D.U.S.T.).
extrait de « La traversée des transparences », par Christine Buci-Glucksmann, décembre 2001
catalogue « Hervé IC », galerie Valérie Cueto, février 2002


HARO. h/t. 170x210cm. 2001.

FIRE. h/t. 170x210cm. 2001

huil sur toile. 33x41cm. 2001